Du Polar et de l'Histoire : le blog de Pierre Mazet

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Meurtres en clair-obscur : Episode 10.

Episode  10 : Quelques vérités sur Verduni.

 

Le curé passa une nouvelle nuit chez la Mamma. Emile et Giovanni avaient prolongé un peu la soirée.

            - Giovanni, à ton avis qui pourrait nous renseigner sur les fréquentations nocturnes de Verduni ?

            - Tu pensais que le crime relevait plutôt du rituel que de la vengeance ou de la crapulerie.

            - C’est vrai que c’est ma première intuition. Cependant, on ne peut pas fermer toutes les portes sans regarder ce qu’il y a derrière. On ne peut pas, non plus, exclure qu’on veuille nous faire croire qu’il s’agit d’un crime rituel. 

            - Une sorte d’habillage en somme, mais je te rappelle que pour l’instant nous avons un clodo avec le portefeuille du mort et un fils au trois-quarts timbré. 

            - Il nous faut du plus solide.

            - Tu as raison, Emile, mais n’oublie pas que nous avons le commissaire sur le dos et qu’il ne me fera pas de cadeau.

            - Je pense aussi que le curé en sait plus qu’il n’en dit. Demain matin, au petit déjeuner, on va l’entreprendre. Car, je ne comprends toujours pas pourquoi il est venu nous trouver.

Si le prêtre était un lève-tôt, Giovanni aimait trainer au lit. Aussi, il était près de neuf heures quand les trois hommes se retrouvèrent autour des bols de café fumant et des cornettos. Le curé avalait la dernière bouchée lorsque le journaliste lança la discussion.

            - Monsieur le curé, sans vous faire offense, je crois que vous nous cachez des choses.

            - Mais, je ne vois pas, monsieur Giovanni. Concernant, monsieur Verduni, je vous ai tout dit.

            - Non, monsieur le curé. Est-ce que monsieur Verduni avait des sympathies pour les chemises noires ?

            - Je peux vous assurer que non. Il les considérait comme des mécréants. C’était, d’ailleurs, un sujet de dispute supplémentaire avec son fils, qui ne cachait pas qu’il attendait leur arrivée. Monsieur Verduni était profondément respectueux de l’église.

Giovanni faillit ajouter qu’il prenait, quand même ses aises avec les recommandations de la religion. Cependant, il s’abstint, le curé aurait pu se murer dans le silence. Emile prit le relais.

            - Monsieur le curé, notre homme multipliait les aventures galantes. Pensez-vous qu’un père ou un mari jaloux ait pu vouloir se venger ?

            - Chaque fois qu’il a commis des fautes, il les a réparées.

            - En monnaie sonnante et trébuchante, mais l’argent ne lave pas l’honneur. 

            - C’est vrai qu’il m’a confié avoir reçu des lettres de menace.

            - Il y a longtemps ?

            - Six mois environ. 

            - Je croyais que vous ne l’aviez pas revu depuis quatre ou cinq ans. C’est un péché de mentir, monsieur le curé.

            - Je pensais que ce n’était pas important.

            - Vous venez nous demander de découvrir l’assassin, vous nous mentez et vous nous cachez des suspects potentiels. Que doit-on croire, monsieur le curé ?

            - Vraiment, je m’excuse. 

            - N’en parlons plus. De qui émanaient ces menaces ?

Le curé marqua une longue pause. Il cherchait ses mots probablement pour épargner le plus possible Verduni père.

            - Ce n’était pas un personnage très reluisant. 

            - Nous nous en doutons, mais encore.

            - C’était le tenancier d’une maison de rendez-vous, où monsieur Verduni se rendait de temps en temps, sans penser à mal. 

Emile se mêla de la conversation. 

            - Jusqu’à présent ce n’est pas un crime. J’imagine que les Romains ne sont pas plus vertueux que les Parisiens. 

            - Sauf que monsieur Verduni s’est laissé imprudemment emporté par ses instincts. Il a brutalisé une des filles. 

            - Bien sûr, le tenancier a menacé de porter plainte. 

            - S’il n’y avait eu que cela, monsieur Verduni aurait réglé l’affaire avec quelques milliers de lires. 

Le curé hésita encore. 

            - Terminez votre confession, monsieur le Curé.

            - La fille a été sérieusement défigurée et son frère s’est mis en tête de la venger. Il a menacé monsieur Verduni de lui faire subir le même sort. 

 

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09/05/2018
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