Du Polar et de l'Histoire : le blog de Pierre Mazet

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Meurtres en clair-obscur : Episode 12

Episode  12 : Une journée tranquille ou presque. 

 

Après les révélations du curé, Laplume et Giovanni avaient, encore une fois, prolongé la soirée. Ils étaient hésitants sur la conduite à tenir. Ils craignaient, par-dessus tout, de retrouver le commissaire sur leur route. Se rendre à l’étude via Cremona et demander à parler à l’individu en question, c’était s’exposer à attirer la police. 

            - Giovanni, tu ne crois pas qu’il serait plus sage de ne plus s’intéresser à cette histoire, tu t’exposes à des ennuis sérieux. 

            - Emile ! Tu n’es pas homme à renoncer.

            - Non, si je sens que la police ou la justice dérape. Dans le cas contraire, je me contente d’être journaliste.

            - Mais, tu vois bien qu’avec ce commissaire, inféodé aux Chemises noires, les flics vont fabriquer une vérité. 

            - Laissons la nuit nous porter conseil.

Une nouvelle fois, ils se retrouvèrent tous les trois autour des bols de café fumant de la Mamma. L’appétit du prêtre pour les cornetto fourrés à la confiture semblait insatiable. Entre deux bouchées, il lança la conversation.

            - Je vous ai entendu discuter hier soir, messieurs.

Giovanni fit mine de s’étonner.

            - Ainsi, monsieur le curé, en plus de nous mentir, vous nous espionnez. 

Le curé rougit.

            - N’y voyez pas malice, monsieur Giovanni. Je n’ai pas pu faire autrement que de vous entendre. Je comprends votre réticence à rendre visite au frère de cette malheureuse enfant, et si vous renonciez, je ne vous en tiendrai pas rigueur.

Emile répondit. 

            - Merci, monsieur le curé. Nous avons toujours un appétit féroce de vérité, mais pas au point de mettre en danger la vie de Giovanni et celle de sa mère. 

            - Il y aurait bien une solution. 

            - Je vous écoute, monsieur le Curé. 

            - La pauvre femme, malmenée par monsieur Verduni, pourrait nous aider. Je crois qu’elle a confiance en moi. Elle pourrait lui faire passer, par mon intermédiaire, un billet pour fixer le lieu et l’heure d’un rendez-vous avec vous. 

Giovanni se permit une diversion.

            - Monsieur le curé, ne prenez quand même pas gout à vous rendre dans ce genre de maison !

Finalement, Emile et Giovanni donnèrent leur accord. Le rendez-vous fut fixé pour le soir vingt heures dans une trattoria discrète non loin de Campo de' Fiori. Giovanni et Emile avaient encore une journée pour explorer Rome. Le programme  de la journée fut vite arrêté : le Pincio et la villa Borghèse. Du Pincio, on a l’impression que le temps s’est arrêté à la Rome antique. La ville est à vos pieds, et on peut passer sa journée à flâner dans les jardins au milieu des statues de Savonarole ou Giotto. Les deux hommes passèrent ainsi la journée, sans évoquer l’affaire, Emile écoutant attentivement les explications avisées de son ami. Vers 18 heures, ils descendirent vers La Piazza del Popolo, située au pied du Pincio, puis se dirigèrent lentement vers Campo de' Fiori. La minuscule trattoria était encore déserte. Vers 19h30, ils virent réapparaitre le curé, accompagné d’un homme d’une trentaine d’années au visage sombre, les traits tendus par une colère retenue, qui se présenta sous le nom d’Emilio. Les quatre hommes s’attablèrent autour d’une bouteille de Malvasia del Lazio. Le curé prit la parole.

            - Emilio a accepté de vous rencontrer. Il veut bien répondre à vos questions. 

Giovanni commença.

            - Vous reconnaissez bien être l’auteur des menaces envers monsieur Verduni ?

            - Oui, c’est vrai. Mais, c’était une bêtise. 

            - Vous l’avez seulement menacé.

            - Oui, quand j’ai vu ce qu’il avait fait à ma sœur, j’ai pensé à la venger. Vous auriez, sans doute, fait de même. Cependant, elle m’en a découragé. Monsieur Verduni est un homme puissant et elle m’a fait valoir que toute notre famille en souffrirait. 

            - Vous n’avez même pas tenté de mettre en oeuvre vos menaces ?

            - Non, j’ai suivi un jour monsieur Verduni, puis j’ai renoncé. En revanche, j’ai pensé qu’il avait peut-être fait d’autres victimes. J’ai commencé des recherches dans d’autres maisons de plaisir à Rome.

            - Et vous avez trouvé d’autres victimes ?

Giovanni ne reçut jamais la réponse. Le commissaire et trois de ses sbires venaient de faire irruption dans la trattoria. 

 

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22/05/2018
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