Du Polar et de l'Histoire : le blog de Pierre Mazet

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Meurtres en clair-obscur : Episode 13.

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Episode 13 : Retour à Paris. 

 

L’irruption du commissaire et de ses sbires ne faisait pas les affaires du patron de la trattoria. Tous les clients, à l’exception de la tablée des deux journalistes, prirent la poudre d’escampette. Certains en profitèrent pour oublier la note. Aux yeux d’Emile, cela en disait long sur l’atmosphère qui commençait à régner sur Rome. Naturellement, le commissaire se mit à vociférer.

            - Encore là, messieurs les journalistes ! Vous êtes incorrigibles. Cette fois, vous avez dépassé les bornes. 

Giovanni osa une remarque.

            - Vous nous surveillez ?

            - Pas besoin, la mère maquerelle, qui tient la maison de rendez-vous, m’a averti des allées et venues du curé. Du coup, nous ne l’avons plus lâché d’une semelle. 

Le curé s’inquiéta.

            - Vous savez tout alors ?

            - Vous n’ignorez pas que ces filles sont malléables à souhait. Je n’ai guère eu besoin de me fâcher pour en apprendre autant que vous.

            - Je vous promets que ce garçon n’a rien fait. 

            - C’est moi qui en jugerai, monsieur le curé. En attendant, vous, les deux journalistes, vous allez déguerpir. Monsieur Laplume, deux de mes hommes vont vous raccompagner gare Termini et vous mettre dans le premier train en partance pour l’étranger. Qu’il soit en direction de Vienne, Paris ou Sarajevo, je n’en ai cure. 

Emile tenta de se rebeller.

            - Je suis ressortissant français. J’ai le droit d’alerter mon ambassade.

            - Alertez, alertez, monsieur Laplume, mais je doute que votre gouvernement risque un incident diplomatique pour un journaliste qui fait obstacle à la justice italienne. 

            - Je peux quand même récupérer mon bagage.

            - Votre ami Giovanni se chargera de vous l’expédier. Et, si vous manquez d’argent, l’Etat italien vous offrira le prix du voyage. Ce n’est pas cher pour éloigner un fouille-merde de votre acabit.

Le curé tenta de s’interposer.

            - Vous outrepassez vos droits, commissaire. 

            - Monsieur le curé, vous n’êtes guère en position de discuter. Il suffit que j’informe votre évêque de vos fréquentations et vous vous retrouvez curé du village le plus reculé des Pouilles. 

Emile ne sut rien de la suite. Ses deux accompagnateurs lui avaient déjà mis la main sur l’épaule. A vingt et une heures, il était sur le quai de la gare. Par chance, le premier train, qui partait, était en direction de Paris. L’Etat italien s’étant fendu du prix d’un wagon-lit, Emile arriva en bonne forme, le lendemain vers dix-neuf heures à la gare de Lyon. Il se souvint que chez Félicie, c’était le jour des pieds paquets et, sans hésiter, il prit la direction de Saint-Sulpice. Il était à peine installé devant un verre de Muscadet, lorsque l’inspecteur Genet fit son entrée.

            - Monsieur Laplume, vous n’êtes pas resté longtemps à Rome ! La nourriture vous déplaisait ?

            - Ah non ! Je ne suis pas rentré de mon plein gré, mais je vous raconterai cela plus tard. Vous avez des nouvelles de notre ami Isidore ? 

            - Il pêche !

            - Paris ne lui manque pas ?

            - Je crois que si nous voulons le revoir, il faudra nous mettre aussi à la pêche. Je vous invite ce soir, monsieur Laplume. Je viens d’être nommé commissaire et je remplace notre ami Isidore. 

            - Félicitations ! Je dois donc vous appeler, commissaire.

            - Si vous me racontiez votre séjour romain et pourquoi il a été écourté.

Tout en savourant, l’immense assiette de pieds paquets, Emile raconta en essayant de n’omettre aucun détail.

            - Hé bien, voilà une étrange affaire. Les journaux parisiens n’en ont pas parlé, pourtant Verduni semble être un personnage important. 

            - Il n’est pas sûr que les journaux italiens puissent en parler. 

            - Dieu merci, nous n’en sommes pas là encore à Paris. Demain, vous allez être surpris de lire dans « le Petit Parisien », une affaire bien aussi étrange.

            - Vous allez me raconter, commissaire.

            - Dans une des galeries du Louvre, ce matin, on a découvert le cadavre d’une femme d’une trentaine d’années. Elle était égorgée, tout comme votre monsieur Verduni.

 

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29/05/2018
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