Du Polar et de l'Histoire : le blog de Pierre Mazet

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Meurtres en clair-obscur : Episode 15.

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Episode  15 : L’inconnue du Louvre 

 

En sortant du « Petit Parisien », Laplume était prêt à téléphoner à son ami Giovanni. Alors que depuis le début de l’affaire, il lui avait semblé se tenir en retrait, il paraissait étrange qu’il ait pris le risque d’alerter un journal parisien. Il ne voyait pas ce qu’il avait à gagner en agissant de la sorte. La mort de Verduni n’allait pas provoquer une mobilisation mondiale pour la recherche de la vérité. Finalement, il remit à plus tard son appel, par peur de mettre son ami en danger. Il se dirigea vers le Louvre. Comme il s’en doutait, la partie du musée où le corps avait été découvert était interdite au public. Heureusement, le commissaire était là. Il autorisa Emile à pénétrer sur les lieux du crime. Le corps avait été découvert dans la galerie de maitres italiens des XVIèmeet XVIIéme siècles. Comme le commissaire, Laplume nota que les traces de sang étaient inexistantes et donc que le corps avait été transporté, confirmant la thèse de la mise en scène. 

            - Rien de nouveau sur l’identité de la jeune femme ?

            - Absolument rien ! Enfin pas tout à fait. Selon les observations faites par le médecin, elle n’aurait pas plus de vingt-cinq ans. C’est bien d’un déguisement dont on l’a affublée car elle n’a rien d’une gitane. Si c’est ce que l’assassin veut nous faire croire, ce n’est pas une réussite. 

            - L’important n’est peut-être pas la personnalité de la victime, mais le costume.

            - En tout cas, la victime n’a pas été violée. Elle porte quelques traces de violences. Elle a, sans doute, été tuée par surprise et tenté de se défendre, assez faiblement. L’homme devait être plutôt costaud. Il ne lui a laissé guère de chance. 

            - On aurait pu s’en douter. Les violeurs viennent rarement exposer leur victime au milieu du musée. Généralement, ils cherchent à la camoufler en espérant qu’on ne la retrouve jamais. 

            - Pour l’instant, nous sommes condamnés à attendre. Nous avons lancé des appels à témoins. Tous les commissariats et les gendarmeries sont tenus de nous signaler toute disparition suspecte. On ne peut pas faire plus pour l’instant,  si ce n’est essayer de comprendre comment  l’assassin a pu pénétrer dans le musée avec un colis aussi encombrant alors que tout était fermé. 

            - Vous en êtes totalement sûr ?

            - Vous avez raison monsieur Laplume. Un gardien a pu oublier de fermer le soir et n’a rien dit de peur d’une réprimande. Mais, il faut supposer alors que l’assassin a eu une chance insolente pour tomber sur la seule porte ouverte ou que le gardien était complice.

            - Votre deuxième hypothèse n’est pas farfelue. 

            - Monsieur Laplume, on n’est pas dans une affaire crapuleuse ! Il arrive qu’on trouve dans une banque un caissier véreux,  qui se rend complice des auteurs d’un braquage, mais dans un musée !

            - Vous n’avez pas tort, commissaire ! Bien entendu, on n’a aucune idée de la personnalité du tueur, pas plus que du mobile. Cependant, imaginons que nous soyons en face d’un homme qui a quelques moyens. Il lui serait aisé de soudoyer un gardien pour qu’il « oublie » de fermer la porte. Si la somme est assez rondelette, le garde ne lui en demande pas la raison. 

            - C’est une piste qui mérite d’être creusée. 

            - Si je peux permettre, commissaire. A votre place, je passerais au peigne fin, la vie des cinq ou six employés chargés de surveiller le musée la nuit. Il est possible que l’un d’entre eux soit endetté à cause du jeu, des femmes ou que sais-je encore ?

            - Je m’y attelle, monsieur Laplume.

Emile resta un bon moment dans la galerie des maitres italiens. Il prit soin de noter la liste des peintres qui étaient exposés.  Il allait quitter les lieux, lorsque son jeune collègue du « Petit Parisien » arriva, essoufflé,  un papier bleu à la main. 

            - Monsieur Laplume, regardez ce qui vient d’arriver pour vous au journal.

Emile ouvrit le télégramme, il portait une simple phrase :

 

« Giovanni, emprisonné, sommes inquiets ».

 

Cliquer ici pour télécharger l'épisode

 

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12/06/2018
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