Du Polar et de l'Histoire : le blog de Pierre Mazet

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Meurtres en clair-obscur : Episode 18.

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Meurtres en clair-obscur : résumé des épisodes précédents

Au début de 1921, Laplume avait décidé de s’offrir quelques jours de vacances à Rome en compagnie de son ami Giovanni. Mais, le crime le laisse rarement en repos. Alors qu’ils débutent leurs visites, ils retrouvent un cadavre dans l’église Saint-Louis-des-Français. Le mort n’est pas n’importe qui, puisqu’il s’agit d’Agostino Verduni, un richissime homme d’affaires. Tout laisse penser que le crime n’a pas eu lieu là et qu’il s’agit d’une mise en scène. L’affaire se complique car les chemises noires s’approchent du pouvoir. Rendu furieux par l’intrusion d’Emile et de Giovanni dans son enquête, le commissaire fait arrêter Giovanni et expulser Emile. De retour à Paris, il est embarqué dans une nouvelle affaire. Un cadavre a été retrouvé dans une galerie du Louvre. Cette fois,  il s’agit de Ginette Lacroix, une jeune femme apparemment sans histoire. Emile est frappé par la similitude de la mise en scène des deux crimes. 

Episode  18 :  Les secrets de Ginette

 

Maintenant, Genet pouvait avancer sur du terrain solide. Il allait passer au peigne fin la vie de ce jeune couple à la recherche du mobile qui aurait pu provoquer l’assassinat de Ginette. Avant d’aller interroger le couple d’épicier, il échangea quelques mots avec Laplume.

            - Quelle impression vous a laissé ce monsieur Lacroix ?

            - Je ne saurais dire. Cet homme semble démoli par la mort de sa femme, mais c’est bien le moins.

            - Que voulez-vous dire ?

            - Qu’est-ce-qui nous prouve que cette émotion n’est pas feinte ?

            - Rien, mais pour l’instant, on va le croire. Pourquoi serait-il venu reconnaître le corps de sa femme s’il  était l’auteur du crime ? Dans les crimes passionnels, on retrouve généralement l’auteur en pleurs au pied de sa victime. Ici, on a une belle mise en scène.

            - Vous avez raison, on a une belle mise en scène. Comment se nomment vos épiciers ?

            - Gustave et Louise Dutilleul.

Le magasin recelait un véritable bric-à-brac. Le terme de bazar aurait été mieux adapté que le panneau « Epicerie » qui surmontait la porte d’entrée. Elle était encadrée de deux vitrines dans lesquelles s’entassaient, paquets de café, savon de Marseille et boites  de sardines. Leur entrée s’accompagna du tintement des clochettes suspendues au-dessus de la porte. Ils se retrouvèrent face à un vieil homme corpulent. Sa barbe, poivre et sel, avait du mal à masquer les joues creusées par les rides. Vêtu d’une blouse grise, il aurait pu passer pour un vieil instituteur.

            - Je suis le commissaire Genet et voici monsieur Laplume.

            - Je connais les articles de monsieur Laplume. 

            - Nous sommes ici pour vous parler de Ginette.

            - Nous ne l’avons pas revu, nous sommes inquiets. Elle a été retrouvée ? Elle va bien ?

            - On ne peut pas dire çà, son corps a été retrouvé, mutilé dans une galerie du Louvre.

            - Morte ? 

            - Oui.

On aurait dit que le ciel s’écroulait sur la tête du pauvre Gustave. 

            - C’est pas possible… Vous avez arrêté ce fou ?

            - Pas encore, mais je ne vous cacherai pas que l’enquête sera longue. Depuis quand connaissez-vous Ginette ?

            - Depuis qu’elle a quitté l’école, il y a de près vingt ans. Je ne sais même pas comment on va pouvoir garder le magasin sans elle. 

            - Comment l’avez-vous embauchée ?

            - Le plus simplement du monde. Il y a vingt ans, on a découvert que ma femme souffrait d’une maladie de cœur et qu’elle était trop fragile pour continuer à travailler au magasin. Ses parents, paix à leurs âmes, étaient des bons clients. Ils recherchaient une place pour Ginette. Elle ne nous a plus quittés jusqu’à lundi. 

            - Vous connaissez son mari ?

            - Bien sûr, il a l’air très gentil.

            - Ils s’entendaient bien ?

            - Je ne l’ai jamais entendu se plaindre.

Laplume s’immisça dans la conversation.

            - Lui arrivait-il de se déguiser ?

            - Quelle idée, monsieur Laplume ? Je l’ai toujours vu vêtue de façon correcte.

            - Savez-vous, comment elle a rencontré son mari ?  

            - J’ai peur de ne pouvoir répondre à des questions aussi intimes. Ma femme serait plus capable de vous renseigner. Après le décès de sa mère, elle était devenue un peu la confidente de Ginette. Cependant, je ne sais comment lui annoncer la mort de Ginette, je ne voudrais pas trop secouer son cœur fragile.

            - Ce serait plus terrible si elle l’apprenait par les journaux. Je suis sûr que vous ferez au mieux, monsieur Dutilleul. 

Gustave s’absenta quelques minutes pour grimper à son appartement.

            - Vous pouvez monter, je crois qu’elle a surmonté le choc. 

Le journaliste et le commissaire se retrouvèrent face à une vieille dame tassée au fond de son fauteuil. Elle avait encore les yeux humides de chagrin.

            - Nous sommes désolés de vous importuner madame, mais nous devons avancer dans notre enquête. 

            - Je vais essayer de vous aider au mieux pour retrouver cet horrible individu. Surtout qu’il a provoqué la mort de deux personnes.

            - Expliquez-nous madame.

            - Ginette était enceinte. 

 

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E18.pdf



28/08/2018
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