Du Polar et de l'Histoire : le blog de Pierre Mazet

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Meurtres en clair-obscur : Episode 20.

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Episode  20 : il y a du chemin à faire

 

Plus que rassasiés par leur passage à la « Galoche », Laplume et Genet reprirent la direction du commissariat. Les inspecteurs de Genet n’avaient pas chômé. Ils étaient allés cueillir tous les veilleurs de nuit du Louvre. Ils étaient cinq, alignés en rang d’oignons dans le couloir qui conduisait au bureau de Genet. Avant de commencer les interrogatoires, les deux hommes eurent une courte discussion avec l’inspecteur chargé de l’opération. 

            - On les a tous ramenés, patron.

            - Vous en savez un peu plus sur eux ?

            - Pour quatre d’entre eux, il n’y a pas de problème. A priori, bons pères de famille qui dorment la moitié de la journée et ne font pas grand chose en attendant de retourner au Louvre vers huit heures. 

            - Et le cinquième ?

            - Pour moi, c’est un individu douteux. Célibataire, il passe souvent ses après-midi dans un rade de la rue de la Huchette. Le bistrot en question est fréquenté par tout ce que le quartier compte de racailles, monte-en-l’air, maquereaux….

            - Il joue ?

            - Oui et un de nos cousins nous a dit qu’il avait fait récemment de grosses dettes et vous savez que ces gens là ne plaisantent pas quand il s’agit d’argent.

            - C’est lequel ?

            - Le dernier de la file. 

            - Parfait, on va interroger tous ceux qui le précèdent. Comme ça, il aura le temps de mariner. 

Le défilé commença. Sans surprise, l’inspecteur avait vu juste. Les trois premiers n’avaient pas grand chose à dire. Non, ils n’avaient pas ouvert la porte et encore moins remarqué de mouvements suspects. Il faut dire que leur poste de travail était situé à l’opposé de la galerie dans laquelle on avait découvert le cadavre. Le quatrième expliqua, une nouvelle fois, comment il avait découvert le cadavre et donné aussitôt l’alerte. Lui non plus n’avait rien remarqué d’anormal. Genet commençait à s’agacer. Enfin, on ne dépose pas un cadavre dans un lieu normalement fermé, sans éveiller un minimum d’attention. Le cinquième gardien allait sérieusement passer à la moulinette. 

L’individu en question se présentait comme un colosse moustachu, au visage renfrogné. Quand il ouvrit la bouche pour se présenter, son haleine empestait la vinasse bon marché. 

            - Je comprends pas commissaire, j’ai déjà tout dit !

            - Pas tout-à-fait, monsieur ?

            - Duchemin Michel. 

            - Oui, monsieur Duchemin, vous nous avez caché vos petites habitudes de la rue de la Huchette. 

            - C’est ma vie privée.

            - Entendu, monsieur Duchemin, vous faites ce que vous voulez de votre argent. Mais, quand vous en perdez beaucoup, il faut bien rembourser. 

            - Mais, je me débrouille.

            - Comment ? Vos explications nous intéressent ! 

            - Je rembourserai à crédit !

Le commissaire fit mine de fouiller dans ses papiers. 

            - Voyons monsieur Duchemin ! Si j’en crois mes sources, vous devez l’équivalent de deux ans de vos gages à un certain Maurice, qu’on soupçonne d’avoir plus ou moins commandité trois meurtres. Je doute qu’il aime les placements à long terme !

            - Pour l’instant, je discute avec lui. 

            - Arrêtez de nous prendre  pour des jambons, monsieur Duchemin. Combien, on vous a payé pour faire rentrer un cadavre au Louvre ? Peut-être est-ce vous qui l’avez porté ?

            - Non, mais vous déraillez, commissaire, je n’ai rien à voir avec cette histoire.

            - Alors, où avez-vous trouvé l’argent pour payer Maurice. Hier, matin vous avez fini de payer vos dettes ? Vous vous êtes refait à la belote ?

            - C’est un prêt familial. 

            - De qui, votre mère ? Elle est décédée depuis dix ans ?

            - J’ai pas à vous répondre. C’est ma vie privée !

            - A votre aise, monsieur Duchemin, vous allez dormir dans nos belles cellules. 

Le commissaire se leva et appela deux brigadiers.

            - Mettez cet homme au frais.

            - Attendez commissaire, je vais vous expliquer. 

 

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11/09/2018
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