Du Polar et de l'Histoire : le blog de Pierre Mazet

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Meurtres en clair-obscur : Episode 24

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Episode  24 : Les œuvre de Satan ?

 

Après le départ des épiciers, Laplume et Genet se regardèrent d’un œil dubitatif. 

            - Vous y croyez, monsieur Laplume ?

            - Leurs propos confirment au moins les résultats de l’autopsie. Reste à savoir pourquoi elle avait un besoin d’argent aussi urgent. 

            - Peut-être pour satisfaire son amant ?

            - Commissaire, l’amant n’existe que dans l’imagination des Dutilleul. Ils nous ont servi cette fable, pour éviter d’impliquer monsieur.

            - Admettons, monsieur Laplume. Mais que voulait-elle faire avec ces dix mille francs ?

            - Pour une jeune femme de son âge, ce n’est pas un problème. 

            - Je n’ai pas compris votre dernière question concernant les sectes.

            - Vous vous souvenez comment vous avez trouvé le corps ? Vidé de son sang. Je me dis que cela pourrait être l’œuvre d’une secte plus ou moins satanique Elle aurait pu être la victime d’un sacrifice à Satan ou à je ne sais quelle créature maléfique. 

            - Quel rapport avec l’argent ?

            - Peut-être aucun, cependant n’oubliez pas que les gourous sont en général des gens qui aiment bien vivre. Imaginez que Ginette ait été découragée par l’impuissance de son mari. Elle se tourne vers un marabout, un charlatan, qui moyennant une belle somme, lui promet de le guérir. Elle tombe dans le piège. Le charlatan est le gourou d’une secte satanique et elle sert de sacrifice humain.

            - J’admire votre imagination, monsieur Laplume. Mais vous croyez que dans Paris, on pratique encore ce genre de sacrifice. 

            - Franchement commissaire, je n’en sais rien. Cependant, je ne vois pas de meilleure explication. Cette fille a été saignée comme un animal, puis transportée. 

            - C’est vrai que ce n’est pas banal surtout si on y ajoute le lieu où elle a été découverte. 

            - Vous n’avez pas mis la main sur l’individu qui a payé le gardien.

            - Non, on dirait qu’on a affaire à un martien. Mes hommes ont passé la journée d’hier à interroger le patron et les clients du bistrot. Tous se souviennent avoir vu Duchemin discuter avec un type, mais ils ne le connaissent pas ou prétendent ne pas le connaître. Et, de plus, chacun a sa description. 

            - On a l’impression que Ginette vivait entre trois personnes, les épiciers et son mari.

            - Vous oubliez la clientèle, monsieur Laplume. 

            - Vous avez raison. Vous avez un vaste chantier, commissaire ! 

            - J’espère juste que les Dutilleul se montreront coopératifs. Et vous monsieur Laplume, quel est votre programme ?

            - Ce soir, je vais accueillir Giovanni à la gare de Lyon. En attendant, je vais aller fouiller dans les archives du « Petit Parisien ».

            - A la recherche d’un improbable crime satanique ?

            - Il faut fouiner partout, commissaire. Ca permet, au moins d’éliminer des pistes. 

Laplume ressortit de chez le commissaire le cerveau bouillonnant. Il s’était peut-être un peu précipité pour cette histoire de satanisme. Ginette ne s’était pas forcément vidée de son sang sur un autel sacrificiel. En revanche, le lieu où le corps avait été déposé n’avait pas été choisi par hasard, puisque celui qui l’avait fait  avait pris soin de soudoyer un gardien. Maintenant que l’hypothèse de la faiseuse d’anges maladroite était écartée, il fallait comprendre le choix du lieu. Ensuite la solution deviendrait évidente. Finalement, aux archives du « Petit Parisien »,il décida de rechercher les crimes dans les lieux insolites. Il se rendit vite compte que l’imagination des criminels était sans limite. Depuis une vingtaine d’années, on avait retrouvé des corps dans des wagons de chemin de fer, dans les caves des ministères, dans les coulisses des théâtres. Cependant pour tous ces crimes, le lieu n’avait pas de symbolique particulière. C’était le hasard, ou la préméditation qui avait conduit ces endroits à devenir des scènes de crime. Cependant, il nota que deux ans auparavant, le  cadavre d’un jeune garçon avait été découvert au Rijksmuseum, d’Amsterdam. Il ne s’attarda pas davantage sur les circonstances du crime. L’heure d’accueillir Giovanni était arrivée. 

 

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09/10/2018
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