Du Polar et de l'Histoire : le blog de Pierre Mazet

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Meurtres en clair-obscur : Episode 31.

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Episode 31 : Un Verduni peut en cacher un autre.

 

Deux Verduni assassinés à deux mille kilomètres de distance l’affaire commençait à ressembler aux pièces d’un puzzle éparpillées dans toute l’Europe. Pour l’instant, les deux journalistes étaient dans l’incapacité de le reconstituer. Il s’avérait de plus en plus probable que la pièce centrale se trouvait en Italie. La situation était d’autant plus frustrante que les deux hommes y étaient interdits de séjour. Pourtant, c’était bien là, qu’ils pouvaient espérer découvrir le lien qui unissait les deux Verduni. Une idée traversa l’esprit de Laplume ; envoyer le jeune pigiste qui avait travaillé sur le crime d’Amsterdam. Il l’abandonna rapidement, ce gamin serait vite repéré et tomberait rapidement aux mains de Chemises noires. Leur unique solution était de confier l’enquête aux amis de Giovanni, restés sur place. Lorsque Emile le lui proposa, Giovanni tordit un peu le nez.

            - Le courrier risque d’être surveillé, Emile. On peut les mettre en danger. 

            - Ce n’est pas faux. Mais, on a une solution. On va solliciter Clémenceau une nouvelle fois. Il se débrouillera bien pour faire passer nos courriers par la valise diplomatique. 

Quand il vit débarquer son ami Laplume, le Tigre ne put s’empêcher de lâcher une des ses phrases dont il avait le secret.

            - Sacré Emile, quand tu es sur une affaire, tu ne peux pas te passer de moi. Le reste du temps !

            - Le reste du temps, j’ai de tes nouvelles par les journaux !

            - je suppose que la personne, qui t’accompagne, est celle que nous avons extraite des geôles romaines.

            - On ne peut rien te cacher.

Giovanni se confondit en remerciements.

            - Ne me remerciez pas. Aidez Emile à résoudre ces sombres affaires, je n’aurai pas bossé pour rien. 

            - Tu peux encore nous aider.

            - Allez, raconte.

            - Il faudrait  que tu fasses passer du courrier par la valise diplomatique. 

            - J’espère qu’il n’y a rien d’inavouable !

            - Non et je peux même t’expliquer.

En deux mots, Laplume expliqua leur recherche autour du deuxième Verduni. 

            - Si c’est un membre de la famille du premier, il doit s’agir d’une brebis galeuse. De mon côté, je peux faire deux choses. Premièrement, demander à mon ami Basil Zaharoff, s’il connaît un peu la famille Verduni. Deuxièmement, j’ai quand même des connaissances du côté de Rotterdam, je peux les interroger aussi sur cet individu.

            - Je savais que je pouvais compter sur toi. 

Sans plus attendre, Giovanni rédigea une lettre à ses amis italiens leur demandant d’enquêter, si possible, sur ce fameux peintre. Lorsqu’ils quittèrent le Tigre, l’heure du déjeuner n’était plus très loin. Ils se contentèrent d’une assiette de charcuterie et de deux œufs durs, pris sur le zinc d’un bougnat. Laplume n’avait pas abandonné l’idée de conduire la Mamma à la Tour Eiffel, mais auparavant, il comptait bien rendre une petite visite au mari de Ginette Lacroix. 

            - Tu crois que le commissaire Genet ne va pas être furieux ? On piétine un peu ses plates-bandes, non ?

            - Si nous lui faisons un compte rendu honnête de notre visite, ce ne sera pas un problème, on se connaît depuis longtemps. 

C’est un homme d’une trentaine d’années, mal rasé, hirsute et dont l’haleine exhalait le mauvais vin, qui vint leur ouvrir. L’accueil ne fut pas des plus chaleureux. 

            - Qu’est-ce que vous voulez ? J’ai déjà tout dit à vos  collègues.

            - Nous ne sommes pas policiers, mais journalistes.

            - C’est pire, vous allez écrire des saloperies sur ma Ginette. 

            - Non, je vous promets que nous n’en ferons rien, nous voulons juste comprendre.

            - Comprendre quoi ? Elle est morte et puis c’est tout. C’est un fou qui a fait çà.

            - Est-ce que Ginette avait changé ces derniers temps ?

            - Vous êtes comme les flics ! Vous pensez que c’était une putain !

            - Pas du tout, je pense qu’elle aurait pu se faire envouter par un gourou. 

            - Un marabout, vous voulez dire.

            - Si vous voulez.

            - Comment vous voulez que je le sache ? 

            - Elle a peut-être dit quelque chose qui ne vous a pas frappé sur le coup.

Lacroix se servit un autre verre.

            - Attendez, je réfléchis.

Laplume et Giovanni se turent. 

 

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E31.pdf

 



27/11/2018
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