Du Polar et de l'Histoire : le blog de Pierre Mazet

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Meurtres en clair-obscur : Episode 4

Episode : La confession du curé.

 

 Giovanni et Emile s’apprêtaient à prendre l’escalier, qui conduisait à l’appartement de la Mamma, quand le curé les interpella.

            - Messieurs, messieurs attendez, il faut que je vous parle.

Dans la pénombre qui régnait, sans la haute stature de l’individu, les deux hommes auraient eu du mal à identifier celui qui avait failli les renverser le matin même.

            - Ne craigniez rien, je ne suis pas un tueur.

            - Pourtant, vous ressembliez à un homme qui prenait la fuite.

            - Je ne le nie pas.

            - Alors, pourquoi cette fuite précipitée ?

            - C’est une longue histoire et je ne sais pas si nous sommes à l’endroit idéal pour vous la raconter.

Giovanni et Laplume se concertèrent du regard. Ils ne connaissaient ce monsieur ni d’Eve ni d’Adam. Giovanni ne semblait pas enthousiaste à l’idée de le recevoir chez la Mamma. Mais, l’homme insista un peu.

            - Je préférerais éviter les endroits publics.

Finalement, Giovanni céda. L’accueil de la mamma ne fut pas chaleureux. Emile ne comprit pas tous les reproches qu’elle adressa à son fils. Mais, la tenue d’ecclésiastique du nouveau venu sembla la rassurer. Elle se retira dans sa cuisine, tandis que les trois hommes s’installèrent autour d’une bouteille de Prosecco, que le prêtre semblait autant apprécier que le vin de messe.

            - Alors si vous nous expliquiez la raison de cette fuite précipitée.

            - C’est que j’ai reconnu l’homme qui gisait au milieu de l’église.  Nous y avions rendez-vous.

            - Si vous êtes innocent, vous auriez dû aller voir la police, elle n’a pas tardé à arriver. D’ailleurs, comment vous avez-nous retrouvés ?

            - Je suis resté caché pas loin et je ne vous ai pas lâchés de la journée.

            - Mais pourquoi venir nous voir ?

            - Je vous ai reconnu monsieur Giovanni, je sais que vous êtes honnête.

            - Bon, si vous aviez rendez-vous avec cet homme, c’est que vous le connaissiez.

            - Vous aussi, vous le connaissez sûrement, monsieur Giovanni. Il s’agit Agostino Verduni.

Bien sûr, que le journaliste le connaissait. Il s’agissait d’un des hommes les plus riches, mais aussi les plus secrets d’Italie. Personne ne connaissait le montant de sa fortune. Outre des milliers d’hectares dans la riche plaine du Pô, il possédait des usines et était un des plus puissants armateurs de la marine marchande italienne.

            - Je suis désolé, mais dans la pénombre de l’église, je n’ai pas pu distinguer son visage et surtout je ne m’attendais pas à découvrir son cadavre ici.

Laplume se glissa dans la conversation.

            - Pour quelle raison aviez-vous rendez-vous avec lui ?

            - Nous nous connaissons depuis longtemps. Il était ami d’enfance de mon père. Mes grands-parents étaient domestiques dans la grande maison familiale des Verduni. Mon père et Agostino ont, en quelque sorte, grandi ensemble et partagé les jeux de gamins.

            - Quel âge-a-t-il ?

            - Maintenant, il doit approcher les soixante dix-ans. Mais, la vraie raison de notre rendez-vous, je l’ignore.

            - Comment vous-a-t-il fixé le lieu et l’heure de cette rencontre ?

            - Je suis vicaire dans la petite ville d’Avrilla. Un soir, un jeune homme est venu est frapper à ma porte, il était porteur d’un billet de monsieur Verduni, me demandant de me rendre à Saint-Louis-des-Français, ce matin à 9 heures. J’étais un peu en avance, j’ai pénétré dans l’église. La suite, vous la connaissez.

            - Il vous avait déjà donné rendez-vous de cette manière.

            - Non, même s’il aimait et estimait notre famille, il savait garder ses distances. Nous restions, quand même, des domestiques.

            - Qu’attendez-vous de nous ?

            - Que vous retrouviez l’assassin.

Giovanni avala brutalement son verre de Prosecco.

            - Mais, il y a la police pour çà ! Et puis, vous ne vivez pas hors du temps monsieur le curé ! Vous savez que les fascistes sont au bord du pouvoir. Ce matin, on nous a intimé l’ordre de nous taire. 

 

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27/03/2018
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