Du Polar et de l'Histoire : le blog de Pierre Mazet

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Meurtres en clair-obscur : Episode 5.

Episode 5 : L’ombre de Verduni.

 

La réponse de Giovanni avait été suivie d’un long silence. Il fut interrompu par l’arrivée de la Mamma qui s’inquiétait du devenir de son diner.

            - Vous allez discuter encore longtemps ?

Seule la présence du curé l’empêcha de se montrer plus virulente. Sans attendre la réponse, elle déposa quatre assiettes et un plat de Trippa alla Romana. Le curé y fit largement honneur. Entre deux bouchées, Giovanni revint au sujet Verduni.

            - Vous nous avez dit que vous ne connaissiez pas la « vraie » raison de votre rendez-vous. Il vous en avait donné une à laquelle vous ne croyez pas ?

            - C’est une erreur de ma part. Sur le billet que j’ai reçu, il n’y avait que l’heure et lieu du rendez-vous.

            - Vous l’avez ce billet ?

            - Je suis désolé, il est resté à Avrilla.

            - Etes-vous sûr qu’il émanait du sieur Verduni ?

            - Je n’ai aucune raison d’en douter. Je connais bien son écriture.

            - Il ne comportait pas un cachet qui aurait permis de l’identifier à coup sûr ?

            - Donc, vous vous êtes rendu à ce rendez-vous sans être certain que c’était Agostino qui vous le fixait.

Le curé ne répondit pas. Giovanni reprit la parole.

            - Je crois que monsieur Verduni avait un fils.

            - Oui, nommé Alfredo. Mais, il ne suit pas les traces de son père.

            - C’est-à-dire ?

            - C’est un vaurien, il ne pense qu’à ses plaisirs.

            - Qui sont ?

            - Le vin, les femmes, le jeu….

            - J’imagine que son père n’était pas enchanté.

            - Oui, leurs rapports sont exécrables.

Giovanni commençait à s’agacer plus que de coutume.

            - Ecoutez, monsieur le curé, votre attitude devient exaspérante. Vous vous introduisez presque de force chez moi pour nous demander de chercher le coupable de l’assassinat de l’homme dont vous avez découvert le corps. Vous le connaissez parfaitement et il faut vous extraire, presque de force, le moindre renseignement. Nous avons des raisons d’être perplexes. Pourquoi n’êtes-vous pas allé voir la police, elle était présente sur les lieux !

            - La panique, monsieur Giovanni, la panique. J’avais peur d’être accusé.

            - Il y a des raisons pour cela ?

            - Aucune, je vous assure.

Giovanni regarda Laplume d’un air presque désespéré. Quelle idée avait-il eu en se laissant alpaguer par ce curé ? Emile, qui achevait de nettoyer soigneusement son assiette, reprit la parole.

            - Il y a longtemps que vous n’aviez pas vu monsieur Verduni ?

            - Cinq ans environ.

            - A quelle occasion ?

            - C’est que, c’est un peu délicat.

Giovanni lui lança un regard furieux. Le curé comprit qu’il ne pouvait plus reculer.

            - J’ai baptisé un de ses enfants.

            - Il n’y a rien de condamnable.

            - Non, sauf qu’il s’agissait d’un enfant illégitime.

            - C’était bien un enfant d’Agostino, et pas de son fils.

            - C’est ce qu’il m’a affirmé et je l’ai cru.

            - Donc, si je comprends bien, le fils est à bonne école.

Pour la première fois, le curé sembla s’énerver.

            - Non, monsieur ! Agostino est un honnête homme ! Son épouse souffre d’une maladie mentale depuis longtemps. Elle vit dans une clinique privée en Suisse. Il est normal que monsieur Verduni soit à la recherche de compensations.

Giovanni ajouta ironiquement.

            - D’autant qu’il n’a pas fait vœux de chasteté !

La Mamma lui jeta un regard furieux. Laplume reprit la parole.

            - Donc, on peut imaginer que c’est pour une raison similaire qu’il vous a contacté.

            - En effet, répondit le curé.

            - Vous connaissiez la mère du bébé ?

            - Oui, il s’agissait d’une servante de la maisonnée.

            - Et vous n’avez pas voulu parler au policier de tout ceci ?

            - Non, je ne voulais pas ternir la réputation d’Agostino.

            - Parce que vous pensez qu’ils ne vont rien découvrir !

La soirée était plus que largement entamée. Bien entendu, le prêtre n’avait pas de toit pour la nuit. Un matelas, posé dans le corridor, suffit à le satisfaire. Les deux journalistes restèrent un moment dans le salon.

            - Qu’en penses-tu, Emile ?

            - Pas grand-chose ! Si le curé dit vrai, on est face à une affaire salement embrouillée.

            - Que fait-on alors ?

            - Demain, on va voir le fils.

 

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03/04/2018
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