Du Polar et de l'Histoire : le blog de Pierre Mazet

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Meurtres en clair-obscur : Episode 6

Episode 6 : Verduni père et fils

 

Au petit matin, la grande carcasse avait du mal à se déplier après la nuit passée sur le matelas du corridor. La mamma l’avait déjà largement abreuvé de cappuccino, lorsque Laplume et Giovanni se levèrent. Après avoir avalé, un gigantesque bol de café noir, Emile reprit le fil de la conversation.

            - Giovanni, il faut qu’on achète les journaux. Le commissaire ne peut pas tenir secrète la mort d’un personnage de l’envergure de Verduni.

            - Tu as raison, Emile. Et de plus, on ne peut pas aller voir le fils sans être assurés qu’il est au courant de la mort de son père.

Emile se tourna vers le curé.

            - Mon père, vous nous accompagnez. Le fils se montrera, sans doute, plus coopératif avec vous qu’avec deux journalistes. 

Giovanni fit un peu la moue. Il entretenait, au grand dam de la mamma, des rapports compliqués avec la religion en général et avec l’Eglise en particulier. 

            - Je suppose que vous savez où habite le fils, monsieur le curé.

            - Oui, son père lui a offert une villa près de Tivoli, pour qu’il puisse cacher ses frasques. Monsieur Verduni était très soucieux de l’honneur de la famille.

            - Ce qui ne l’empêchait pas d’engrosser les bonnes, ajouta Giovanni. 

Pour ne pas envenimer les choses, Emile proposa qu’on partît sans plus attendre. Place de Campo di Fiori, ils s’arrêtèrent pour faire provision de journaux. Giovanni ne possédant pas d’automobile, il fallait louer un taxi. Quand les trois hommes furent inconfortablement installés à l’arrière d’une Fiat 2B, ils commencèrent l’exploration de la presse. Dans aucun des trois quotidiens qu’ils avaient achetés : le Corriere della Sera, La Stampa ou Il Messaggero, ils ne trouvèrent trace du crime de Saint-Louis-des-Français. Cette situation n’inquiétait guère  Laplume. Le crime avait été découvert dans la matinée et le temps que la nouvelle arrive aux rédactions, cela n’était pas anormal. En revanche, cela  semblait sérieusement inquiéter Giovanni.

            - Je t’avais dit, Emile, la police est tenue par les fascistes. Ils tiennent les journaux en respect. Ce sont eux qui décideront de diffuser ou non la nouvelle de la mort de Verduni. On est déjà en dictature. 

Laplume préféra changer de sujet.

            - Monsieur le curé, si vous nous parliez du fils Verduni. 

            - Ce personnage est tellement odieux, qu’il n’y a pas grand chose à en dire. Seul compte son plaisir, et il est prêt à tout pour satisfaire ses plus bas instincts. Il n’a jamais travaillé. Son père a essayé de l’intéresser à ses affaires. Il lui a confié la direction d’une usine, mais il s’est comporté comme le plus vil des maitres. Il humiliait les ouvriers et je ne vous parle pas des ouvrières. 

            - Une sorte de marquis de Sade, dit Giovanni.

            - Sans le talent, crut bon d’ajouter Emile. 

Il ne fallut pas moins d’une heure de voyage pour atteindre la villa qui abritait les turpitudes de Verduni junior. Laplume n’osa pas dire qu’il aurait bien fait un arrêt à la villa d’Hadrien. Il était près de onze heures quand ils atteignirent la villa en question. C’était une bâtisse du XVIIIe, lovée dans un écrin de verdure. Arrivés au pied du perron, les trois hommes descendirent et un maitre d’hôtel rempli de suffisance vint les accueillir. Sans plus de précision, le curé demanda à voir monsieur Verduni. La présence du prêtre sembla jouer comme un sésame et Verduni junior apparut à la porte.

            - Que me voulez-vous monsieur le curé ?

C’est Giovanni qui répondit.

            - Savez-vous que votre père est mort ? 

Alfredo Verduni sembla frapper de stupeur. 

            - Entrez messieurs, expliquez-vous.

Quand ils furent installés dans le salon, le curé expliqua rapidement les circonstances de la découverte d’Agostino.

            - Bon dieu, je savais que le vieux était un salaud, mais je ne pensais pas que quelqu’un lui en voulait au point de lui régler son compte. 

            - Personne ne vous a prévenu. ?

            - Non, plus personne ne doit savoir que je suis son fils.

Giovanni allait prendre la parole, lorsqu’ils entendirent  des automobiles s’arrêter devant la maison. Un groupe d’homme en jaillit, avec à leur tête, le commissaire présent à Saint-Louis-des-Français.   

Episode 6 : Verduni père et fils

Au petit matin, la grande carcasse avait du mal à se déplier après la nuit passée sur le matelas du corridor. La mamma l’avait déjà largement abreuvé de cappuccino, lorsque Laplume et Giovanni se levèrent. Après avoir avalé, un gigantesque bol de café noir, Emile reprit le fil de la conversation.

            - Giovanni, il faut qu’on achète les journaux. Le commissaire ne peut pas tenir secrète la mort d’un personnage de l’envergure de Verduni.

            - Tu as raison, Emile. Et de plus, on ne peut pas aller voir le fils sans être assurés qu’il est au courant de la mort de son père.

Emile se tourna vers le curé.

            - Mon père, vous nous accompagnez. Le fils se montrera, sans doute, plus coopératif avec vous qu’avec deux journalistes. 

Giovanni fit un peu la moue. Il entretenait, au grand dam de la mamma, des rapports compliqués avec la religion en général et avec l’Eglise en particulier. 

            - Je suppose que vous savez où habite le fils, monsieur le curé.

            - Oui, son père lui a offert une villa près de Tivoli, pour qu’il puisse cacher ses frasques. Monsieur Verduni était très soucieux de l’honneur de la famille.

            - Ce qui ne l’empêchait pas d’engrosser les bonnes, ajouta Giovanni. 

Pour ne pas envenimer les choses, Emile proposa qu’on partît sans plus attendre. Place de Campo di Fiori, ils s’arrêtèrent pour faire provision de journaux. Giovanni ne possédant pas d’automobile, il fallait louer un taxi. Quand les trois hommes furent inconfortablement installés à l’arrière d’une Fiat 2B, ils commencèrent l’exploration de la presse. Dans aucun des trois quotidiens qu’ils avaient achetés : le Corriere della Sera, La Stampa ou Il Messaggero, ils ne trouvèrent trace du crime de Saint-Louis-des-Français. Cette situation n’inquiétait guère  Laplume. Le crime avait été découvert dans la matinée et le temps que la nouvelle arrive aux rédactions, cela n’était pas anormal. En revanche, cela  semblait sérieusement inquiéter Giovanni.

            - Je t’avais dit, Emile, la police est tenue par les fascistes. Ils tiennent les journaux en respect. Ce sont eux qui décideront de diffuser ou non la nouvelle de la mort de Verduni. On est déjà en dictature. 

Laplume préféra changer de sujet.

            - Monsieur le curé, si vous nous parliez du fils Verduni. 

            - Ce personnage est tellement odieux, qu’il n’y a pas grand chose à en dire. Seul compte son plaisir, et il est prêt à tout pour satisfaire ses plus bas instincts. Il n’a jamais travaillé. Son père a essayé de l’intéresser à ses affaires. Il lui a confié la direction d’une usine, mais il s’est comporté comme le plus vil des maitres. Il humiliait les ouvriers et je ne vous parle pas des ouvrières. 

            - Une sorte de marquis de Sade, dit Giovanni.

            - Sans le talent, crut bon d’ajouter Emile. 

Il ne fallut pas moins d’une heure de voyage pour atteindre la villa qui abritait les turpitudes de Verduni junior. Laplume n’osa pas dire qu’il aurait bien fait un arrêt à la villa d’Hadrien. Il était près de onze heures quand ils atteignirent la villa en question. C’était une bâtisse du XVIIIe, lovée dans un écrin de verdure. Arrivés au pied du perron, les trois hommes descendirent et un maitre d’hôtel rempli de suffisance vint les accueillir. Sans plus de précision, le curé demanda à voir monsieur Verduni. La présence du prêtre sembla jouer comme un sésame et Verduni junior apparut à la porte.

            - Que me voulez-vous monsieur le curé ?

C’est Giovanni qui répondit.

            - Savez-vous que votre père est mort ? 

Alfredo Verduni sembla frapper de stupeur. 

            - Entrez messieurs, expliquez-vous.

Quand ils furent installés dans le salon, le curé expliqua rapidement les circonstances de la découverte d’Agostino.

            - Bon dieu, je savais que le vieux était un salaud, mais je ne pensais pas que quelqu’un lui en voulait au point de lui régler son compte. 

            - Personne ne vous a prévenu. ?

            - Non, plus personne ne doit savoir que je suis son fils.

Giovanni allait prendre la parole, lorsqu’ils entendirent  des automobiles s’arrêter devant la maison. Un groupe d’homme en jaillit, avec à leur tête, le commissaire présent à Saint-Louis-des-Français.   

 

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10/04/2018
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