Du Polar et de l'Histoire : le blog de Pierre Mazet

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Meurtres en clair-obscur : Episode 7

Episode  7 : Le vrai visage d’Alfredo Verduni.

Le débarquement en force du commissaire ne permit pas aux journalistes d’approfondir la conversation avec Alfredo. Quand il les aperçut, son visage blêmit de colère. 

            - Je vous avais demandé de ne pas vous mêler de cette affaire. D’abord, je ne comprends pas que vous veniez torturer un homme qui vient de perdre son père.

Alfredo, qui, malgré l’heure matinale n’en était pas à son premier verre, partit dans un grand éclat de rire.

            - Commissaire, il n’y a pas de nouvelle qui pouvait me faire le plus plaisir. Mon père était un tyran, c’est pour cela que ma mère est devenue folle. Quant à moi, il ne supportait pas que je ne sois pas comme lui, une saloperie de bourgeois qui ne pense qu’à s’engraisser.

            - Arrêtez, votre père était un parfait honnête homme. Il était bon avec les siens et, à sa manière, il vous aimait. 

            - Ca suffit curé, gardez vos paroles pour son oraison funèbre. Vous et votre père n’étiez que des carpettes, vous étiez prêts à lui lécher les pieds pour qu’il vous distribue quelques miettes. 

Giovanni et Emile assistaient, impuissants, à ce déferlement de haine. Le commissaire attendait tranquillement la suite. Comme Alfredo se servait un nouveau verre, il se tourna vers le curé.

            - Mon père, vous avez le don de vous trouver au mauvais endroit, hier matin au pied d’un cadavre, aujourd’hui chez son fils, il va falloir vous confesser, monsieur le curé.

Giovanni tenta de s’interposer.

            - Monsieur le Curé n’est qu’un témoin par hasard. 

            - Monsieur le journaliste, il n’a pas besoin de vous pour répondre à sa place. 

En deux mots, le curé expliqua les circonstances de sa découverte. 

            - Et vous n’aviez aucune idée de la raison de cette invitation.

            - Aucune.

Alfredo, de plus en plus aviné, reprit la parole.

            - Sûrement pour baptiser un de ses bâtards. Vous l’avez déjà fait, curé ! Mon père croyait qu’avec quelques lires et le secours de l’Eglise, il réparait ses péchés et ainsi gagnait le paradis. S’il avait pu reconnaître ses bâtards en douce, il m’aurait sûrement déshérité. 

Le commissaire reprit la parole.

            - Monsieur le curé, vous avez bien conscience qu’on peut vous soupçonner, d’autant qu’au lieu de parler à la police, vous êtes allé vous refugier vers ces deux scribouillards.

            - J’avais peur.

            - De quoi ? Que je vous soupçonne ?

Alfredo intervint.

            - Je suis sûr que le curé est bien trop pleutre pour se rebeller. 

Emile tenta de se glisser dans la conversation.

            - Je ne veux pas intervenir dans votre travail, commissaire. Mais, est-il fréquent qu’en Italie, on trouve des cadavres à demi dénudés dans les églises. ?

Le commissaire ne savait pas  trop comment se comporter avec Emile. Il est toujours délicat de s’en prendre à un étranger, surtout s’il a une certaine réputation. 

            - J’ai pris des renseignements sur vous, monsieur Laplume. A Paris, vous êtes intouchables, mais ici, n’en faites pas trop. Non, ce n’est pas fréquent, et c’est bien ce qui fait la singularité de ce meurtre, car comme vous l’avez constaté, on ne l’a pas tué dans l’église. On s’est contenté d’y déposer son cadavre. Monsieur le Curé, quelqu’un d’autre était-il au courant de votre rendez-vous ?

            - Non, je n’en avais parlé à personne. 

Laplume répondit.

            - Donc, on est bien face d’une mise en scène. On peut imaginer que l’assassin voulait d’abord qu’on retrouve un cadavre dans l’église, pas forcément celui de monsieur Verduni. 

Le commissaire répondit brutalement.

            - Vous, les journalistes, il n’y a que les hypothèses farfelues qui vous intéressent, ça fait vendre du papier. Mais, je m’intéresse d’abord aux faits et je pense que beaucoup de gens avaient des raisons de s’en prendre à monsieur Verduni. 

Giovanni ne put s’empêcher d’ajouter.

            - A commencer par son fils non ?

 

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17/04/2018
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